New Delhi : Cité de l’embrouille

Samedi 6 février, 4h du matin, arrivée à New Delhi…

Nous nous attendions à nous prendre une claque, mais là… ce n’était pas la claque qui réveille, mais le petit revers qui pique bien !

New Delhi se réveil

Jusqu’à la sortie de l’aéroport pas de soucis. Il est tôt, tout est calme, peu de monde donc nous arrivons vite à la douane pour obtenir nos visas indiens. Petite frayeur quand le douanier me dit qu’il me manque un papier pour obtenir le visa… heureusement fausse alerte. Ouf !

On sort enfin de l’aéroport et l’on découvre que la ville est fidèle à sa réputation de ville polluée. Un nuage de particules flotte dans l’air et agresse nos narines et nos poumons. ça nous rappelle notre passage sur le volcan de cendres de Sakurajima, au Japon.

On embarque tranquillement dans le métro, flambant neuf, pour atterrir au centre de Delhi… Le trajet jusqu’à l’hôtel aurait du être simple : il y a juste à traverser les voies de chemins de fer et un petit bazar… Malheureusement pour nous, ce ne fut pas aussi simple que prévu ! A la sortie du métro nous arrivons sur une place bondée de rickshaw. Reniflant les arnaques, nous fonçons têtes baissées vers notre objectif : traverser les voies de la gare ferroviaire, juste en face, en passant par une plate-forme.

Et c’est là que tout se complique !

Les ennuis commencent…

Tous les 3 pas, des indiens nous arrêtent pour nous dire que ce n’est pas possible de passer par là, ou qu’il faut un ticket pour traverser la gare, et finalement non il faut passer de l’autre coté du parking… avec seulement 3h de sommeil à notre actif, c’est un peu compliqué à gérer.

On fini par atterrir dans une rue, le long d’un terrain vague, et là on sent qu’on se moque de nous depuis le début. On tombe sur un vieil indien agressif qui commence à nous suivre en nous criant dessus, avec un regard de fou ! Au fond de moi j’avais vraiment envie de lui rendre la pareil, mais je n’en ai rien fait. Plutôt que de m’énerver, j’ai sauté dans un rickshaw (chose que je voulais éviter depuis le début).

L’arnaque du barrage de police

Là, Olivier lui demande poliment de nous conduire jusqu’à notre hôtel (puisque soi-disant on ne peut pas traverser à pied, la blague !). Et hop, la cité de l’embrouille dans toute sa splendeur nous présente un de ses plus beau spécimen ! L’arnaque du barrage de police ! Cette arnaque consiste à nous faire croire que la route est barrée et qu’il est donc impossible de rejoindre notre hôtel. Mais comme de part hasard, le gentil chauffeur de rickshaw a un hôtel tout indiqué à nous proposer ou encore une agence de tourisme qui nous trouvera un autre hôtel. Le décor était bien posé, il y avait effectivement les barrières de police bloquant la route et la vrai-fausse voiture de police qui débarque au loin comme de par hasard… Bon pas de chance pour le chauffeur, on la connaissait celle-là, donc ni de une, ni de deux, on descend du rickshaw et on continue à pied.

A votre avis, c’est fini ? naaannn ce serait trop facile !

Et ça continue encore et encore…

Alors que l’on marche d’un pas décidé, un indien nous demande gentiment s’il peut nous aider. ça semble sympa de prime abord, mais on commence a comprendre qu’a New Delhi les coups de main ne sont jamais sans intérêts. On refuse poliment mais il nous suit en prétextant qu’il se rend à son école de yoga dans la même direction que nous… Ok je lui donne le bénéfice du doute. On discute bien, il est souriant mais… je lui demande juste de nous confirmer la direction du bazar, à quoi il répond qu’il y a un point d’information un peu plus loin dans lequel on peut demander une carte « officielle ». Ok j’ai compris ou il veut en venir… Il décroche son portable et appel son pote du point d’info de tourisme officiellement officieux. Arrivés devant, il nous invite à entrer et passe son chemin. L’homme du point info essaie déjà de nous vendre des billets de bus, mais on attrape juste la carte (qui se trouve être une simple photocopie noir et blanc) et on file en vitesse.

Retour au point de départ

Cette pauvre carte ne nous sera d’aucune utilité. Heureusement qu’on aperçoit un panneau routier « railway station » qui nous conduit à notre point de départ, la gare de Delhi, mais du bon coté cette fois. Enfin ! il y a juste à traverser le bazar et nous arrivons à notre hôtel.

Le bazar est très sale et le passage est bondé. La rue déborde d’étales de fruits et légumes posés sur le sol. On doit slalomer entre les rickshaw, les motos, les vaches, les chiens squelettiques, les femmes et enfants qui nous demandent de l’argent. On tombe sur un touriste russe qui nous conseil un chauffeur de rickshaw soit disant honnête. Mais comme je le disait avant, l’honnêteté est une valeur qui n’existe pas à Delhi. Le chauffeur nous accompagne à pied jusqu’à notre hôtel ou il nous propose de nous attendre pour nous emmener ensuite dans un point de tourisme officiel… qui sera bien entendu une agence de tourisme, qui lui reversera bien sûr une petite com’ (Rien d’alarmant soi dit en passant, c’est de coutume en Inde).

L’agence de tourisme

On arrive donc dans cette agence, dans le but de prendre un billet de train pour Agra, notre prochaine étape.

En Inde, il y a deux solutions pour acheter des billets de bus ou train : les agences de tourisme ou au guichet de votre hôtel. Nous avions donc demander les prix à notre hôtel pour comparer, avant de nous rendre à l’agence. Il existe aussi le site web redbus.com qui permet d’avoir une idée du prix des transports indiens.

Les billets de train étant trop cher par rapport aux prix que l’on connait, on négocie d’autres moyens de transport. Le gars nous explique qu’il n’a pas beaucoup de marge parce qu’il travail dans une agence de tourisme du gouvernement… personnellement je n’ai jamais vu une adresse email institutionnelle qui termine par « gmail.com », comme celle inscrite sur son contrat. L’agence de tourisme n’est pas une arnaque en soi, mais c’est juste rageant d’avoir encore un mytho en face de soi.

On ne lâche pas l’affaire et on négocie un bon prix pour une voiture avec chauffeur (oui ça fait un peu luxueux dit comme ça) et des nuits d’hôtels. Avec du recul on s’aperçoit que l’agence ne se fait vraiment pas de marge sur les hôtels (On paye environ 15 euros la nuit pour deux, pour des chambres qui en valent le double voir le triple pour certaines).

Finalement la voiture avec chauffeur se trouve être la meilleure solution pour se déplacer en Inde. Je m’explique :

  • Le bus, solution que nous avions retenue au départ, est le transport le moins cher, mais aussi le plus long. Exemple, un trajet New Delhi – Agra prend environ 8h en bus, contre 4h en voiture et 3h en train. Nous comptions pas mal sur les bus de nuit, mais ils partent souvent en soirée pour arriver au milieu de la nuit, donc sans aucun intérêt pour nous. Nous aurions du aussi payer en plus les transports en rickshaw pour les trajets plus courts ; vers un site historique par exemple, ou les bus ne vont pas. Notre crainte (fondée ou pas) était aussi de se voir vendre des billets de bus non valables.
  • Pour les trains, les prix sont corrects, par contre il n’y a jamais de garantie d’avoir de la place et il arrive souvent qu’un train soit annulé ou retardé de plusieurs heures. Comme les bus, il faut ajouter d’autres transport pour rejoindre les petites villes n’ayant pas de gare ferroviaires.
  • Prendre une voiture sans chauffeur serait presque tout aussi cher qu’avec un chauffeur, mais complètement suicidaire ! La conduite en Inde est fidèle à tout ce qu’on peut entendre sur le sujet. C’est complètement dingue ! ça double par la droite, par la gauche, ça roule à contre sens, ça klaxonne en veux-tu en voilà, et hop si on roulait à 4 sur un scooter, sans casques et avec un bébé dans les bras, et hop si on rentrait à 10 dans une voiture ; les marquages au sol ? pfff on s’en fou c’est pour les nazes ! En gros, les routes indienne c’est comme la jungle : c’est la loi du plus fort ! Les camions poussent les voitures, qui poussent les rickshaw, qui poussent les motos, qui poussent les vélos, qui poussent les piétons, qui poussent les chiens… en fait il n’y a que les vaches que personne ne pousse 😉 .

Finalement, nous sommes contents de ce choix qui nous permet d’être beaucoup plus flexibles et profiter de l’Inde sereinement, en prenant notre temps. L’inconvénient est bien sur le prix, qui est correct mais qui a un peu fait grimper notre budget initial pour l’Inde. On réajustera le tire en Asie du sud-est.

Bilan de cette première journée

Le bilan du premier jour à New Delhi n’est donc pas fameux. Nous nous en sommes tirés tant bien que mal mais avec une très mauvaise première impression ! Je vous rassure, depuis maintenant une semaine que nous sommes en Inde, tout se passe plutôt bien et le Rajasthan nous réserve de chouette découvertes.

Une dernière pour la route

Dernière anecdote pour la fin de cette première journée : A la sortie de l’agence de tourisme, nous payons le chauffeur de rickshaw qui nous avait emmené, en lui donnant un petit bifton de plus, comme c’est souvent d’usage en Inde. Là, il regarde les chaussures d’Olivier et lui dit « oh you have nice shoes ! ». Je lui explique que ce sont des chaussures cheap en France (chaussures de rando 1er prix Décathlon) ; ce à quoi il me répond « Ooh so he could give me his shoes! ». Olivier lui explique que si il lui donne ses chaussures, il n’en aura plus, et le mec lui rétorque qu’il lui donne les siennes en échange et que pour la pointure c’est pas un problème ;D.

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17 réflexions sur “ New Delhi : Cité de l’embrouille ”

    1. ahahah punaise j’ai souvent pensé à lui en effet. il y a pas mal de gars qui lui ressemble. Surtout les policiers avec leur petite chemise kaki, les cheveux bien peignée, la moustache et les lunettes aviateur. Mais c’est une institution ici les lunettes aviateur 😉 tous les mecs en ont une paire. Du coup je me fonds dans la masse avec les miennes ;). Si je vois Sighnam je le prends en photo pour toi 😉 challenge accepted!

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  1. Enfin, j’ai le détail de vos aventures. quand je disais de faire attention, en fait je n’avais pas pensé que c’était à ce point !! j’ai eu comme un coup de stress en te lisant Nadège. Je les aurais bien remis à leur place ces indiens ! Au fait Olivier, tu aurais dû prévoir le coup des godasses et emporter avec toi les beiges en cuir qui sont convenables dessus mais trouées en dessous. Ca aurai fait plaisir à un indien ! Bonne continuation et attention.

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    1. Ahah je te rassures, nous les avons bien envoyé bouler aussi !

      J’ai mis à jour la partie « agence de tourisme » de l’article pour être plus claire.

      Pas d’inquiétudes, c’était mon coup de gueule du début de voyage, mais tout va très bien et l’Inde est un superbe pays, plein de belles rencontres, dont je parlerais bientôt.

      Au final les indiens sont très curieux, et ne sont jamais trop insistants pour ceux qui essaient de te refiler des babioles. Je considère que comme tout le monde, ils essaient de gagner leur pain. C’est plutôt bon enfant si l’on compare aux arnaques à Paris ou l’on t’attrape le poignet pour tisser un bracelet dont tu ne pourras plus te débarrasser et sera obliger de payer ! Rien de ce genre ici. Sois donc rassurée 🙂

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  2. Quelle belle première journée !!!!
    Allez il faut voir le côté positif , cela vous donne de jolies anecdotes !!
    PS : j’ai adoré l’histoire des chaussures !!!
    Bonne continuation 😉

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  3. Genial !!
    Je m’y croyais vraiment en vous lisant !
    Vous avez des talents de narrateur … bon ok on le savait deja que vous racontiez super bien les histoires 🙂
    Perso jai adore l’enchaînement de qui pousse qui sur la route lol

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